Syst?me SIAA


Le système d'intervention d'autorité atikamekw est un projet novateur et unique, né le 1er mars 2000, des objectifs de la Politique sociale atikamekw qui oriente à long terme le développement et le fonctionnement des services sociaux Atikamekw Onikam.

Le 1er mars 2000, une entente intérimaire a été conclue entre le CNA, le Centre jeunesse Mauricie et Centre-du-Québec, le Centre jeunesse Lanaudière et leurs directions de la Protection de la jeunesse (DPJ). Cette entente, fait en sorte que toute nouvelle situation soumise à l'attention des services sociaux atikamekws ou à la DPJ concernant un enfant ou un jeune Atikamekw, résidant à Manawan, Wemotaci ou dans la Haute-Mauricie, peut être traitée selon ce que prévoit le SIAA.

La communauté d'Opitciwan a son propre système autorité d'intervention d'autorité.

Le SIAA permet aux services sociaux du CNA de prendre en charge deux types de situation :

Les situations pour lesquelles la sécurité ou le développement d'un enfant est compromis (DC) :

  • Agression sexuelle ;
  • Violence physique et /ou psychologique ;
  • Négligence ;
  • Abandon ;
  • Troubles de comportement sérieux ;
  • Absentéisme scolaire.

Les situations de jeunes délinquants (JD) :

  • Amener le jeune, par l'application de sanctions judiciaires à répondre du délit ;
  • À réparer les torts causés ;
  • À améliorer ses aptitudes sociales.

Pour les jeunes Québécois, ces situations sont assumées par la DPJ. Le SIAA permet donc de traiter ces situations dans un contexte culturel mieux adapté aux besoins des Atikamekws. Il est fondé sur des valeurs fondamentales de responsabilisation des membres de la famille et de la communauté et, sur le rapprochement et l'entraide.

L'application du SIAA est encadrée par deux règlements et deux manuels de référence qui précisent les processus d'intervention dans les situations où le développement d'un enfant ou d'un jeune est compromis et les situations de jeunes délinquants.

L'équipe et les instances du SIAA

L'équipe du SIAA est composée des personnes suivantes :

  • Directeurs de la protection sociale (DPS) ;
  • Adjoint au DPS ;
  • Cliniciens ;
  • Personnel de soutien, incluant les services juridiques.

L'équipe du SIAA est également soutenue par l'équipe de services psychosociaux courants.

Trois instances atikamekws participent au SIAA :

  • Le Conseil de famille se réunit dans les 30 jours suivants le signalement. Il est composé des parents et du jeune, du DPS et de l'intervenant. Dans le cas où un enfant ou un jeune est dans une situation de développement compromis, les personnes directement concernées par la situation de l'enfant ou du jeune, ou aptes à lui venir en aide peuvent aussi y participer ;
  • Le Conseil des Sages est composé de dix personnes nommées par chacun des conseils de Manawan et de Wemotaci. Il fonctionne selon les règles établies par le conseil d'administration du CNA ;
  • Le Cercle d'aidants est un groupe de personnes désignées pour aider à l'application des mesures visant à mettre fin à la situation qui compromet la sécurité ou le développement d'un enfant ou d'un jeune, à éviter qu'elle ne se reproduise, à réparer le tort causé à la victime ou à la communauté et à modifier le comportement du jeune de façon durable.

Au moins 90 % des problématiques sont réglées au niveau des Conseils de famille.


Au cours de ces six dernières années, le SIAA a fait ses preuves. Il est fortement reconnu :

  • Par les communautés de Manawan et de Wemotaci ;
  • Par les intervenants ;
  • Par les partenaires comme le ministère des Affaires indiennes et du Nord Canada (MAINC), le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSSQ), Justice Canada et Justice Québec.

En juin 2001 le gouvernement du Québec a amendé la Loi sur la protection de la jeunesse. Ainsi, l'article 37.5 "autorise désormais le gouvernement à conclure avec une nation autochtone (...) une entente afin d'établir un régime particulier de protection de la jeunesse applicable à un enfant dont la sécurité ou le développement est ou peut être considéré comme compromis au sens de la Loi."

Cet amendement à la Loi découle de la mise en place et de l'application du SIAA qui a démontré des résultats significatifs.

Par cet amendement, le gouvernement du Québec a reconnu que :

  • Les enfants autochtones et leur famille évoluent dans des contextes différents de ceux des autres enfants québécois ;
  • Leur cadre de vie ainsi que leur culture demandent des modalités d'application et d'organisation des services mieux adaptées à leurs besoins ;
  • Les mécanismes de collaboration mis en place à l'époque entre les communautés, les centres jeunesse et les instances judiciaires répondaient plutôt difficilement aux besoins des jeunes autochtones et de leur famille.

D'ailleurs, dès 2001, la ministre déléguée à la Santé et aux Services sociaux et la protection de la jeunesse du Québec, Agnès Maltais, constataient une diminution de la judiciarisation de près de 80 % dans les communautés atikamekws depuis la mise en place du SIAA. Cette situation s'est encore améliorée depuis.

De plus, plusieurs études scientifiques ont conclu que la prise en charge des services sociaux par les communautés autochtones elles-mêmes donnait de meilleurs résultats.

La Politique sociale atikamekw prévoit que le SIAA puisse s'appliquer, avec le temps, aux autres situations visées par la politique pour la famille (adoption, violence conjugale, conflits entre parents, etc.) et par la Politique pour les aînés (incapacité, exploitation, etc.).

Centre Aspermowin

Ouvert en 1998 le centre Aspermowin est un centre d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale qui a pour objectifs :

  • D'offrir des services favorisant l'épanouissement des forces individuelles et collectives de femmes autochtones ;
  • De permettre aux femmes victimes de violence de sortir de leurs isolements et trouver des conditions de calme et de sérénité leur permettant de mieux clarifier leur situation ;
  • D'informer les femmes de leurs droits et faire en sorte qu'elles soient en mesure de les exercer ;
  • De sensibiliser la population sur la condition des femmes autochtones versus la problématique de la violence conjugale.

Le centre Aspermowin est situé à La Tuque. Il est ouvert 24 h/24 h et 7 jours/semaines ; il détient un permis du MAINC pour quatre places. L'hébergement est gratuit pour les femmes seules et/ou avec des enfants. Le centre est un endroit sécuritaire qui permet aux femmes de réfléchir sur leur situation et d'échanger avec d'autres femmes qui vivent des problématiques semblables.

Foyer Mamo

Ouvert en 1998, le foyer est un centre de réadaptation pour les jeunes en difficultés qui a pour objectif d'aider les jeunes à retrouver un équilibre et une fonctionnalité dans leurs différentes sphères de vie. Ce foyer détient aussi un permis du ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec pour neuf personnes.

Fréquentation

Année Jours / Jeunes
2005-2006 2399
2004-2005 2513
2003-2004 2046
2002-2003 2190
2001-2002 1662
2000-2001 1547
1999-2000 1550
1998-1999 1440