Langue


La langue a été le seul moyen de communication dès le début de l'ère des relations entre les hommes. Il fallait dire et désigner les éléments tels qu'ils étaient réellement. La langue atikamekw est des plus descriptives.

Les premiers descriptifs viennent de ce qui fut le cosmos ou de ce que les anciens ont pu en imaginer. Le mot pisimw vient du mot pisiparin c'est-à-dire "éclater" (éclats), on arrive à l'idée d'un "big bang" (thèse soutenue par un groupe scientifique). Le mot pisimw est la traduction du soleil. À la suite de cette explosion, il y a le mot aski diminutif provenant du mot iskaskiteskw qui veut dire braise. Le mot aski est la traduction du mot planète. Selon le langage atikamekw, la planète terre serait donc la braise issue d'un éclat du soleil.

La langue atikamekw, tout comme les autres dialectes algonquins ou anishnabes, est très imagée. Par exemple : pour désigner le faucon, ils utilisaient le mot kekekw, c'est-à-dire le son que l'oiseau fait en criant. C'est la même chose pour Ohomisiw pour le hibou, Omikw pour la couleur du sang, mikwaw est la désignation d'une de cette couleur primaire.


Quand il a fallu nommer des objets nouveaux, ils procédèrent de la même façon. Par exemple : pour le train ickote otapan désignant un véhicule mû par le feu, pour l'automobile ka mactatanawkiparik désignant un objet roulant sur du sable, pour l'avion ka miremakak désignant un objet qui vole, pour l'ordinateur kinokepitcikan désignant une machine qui a une capacité de mémoire, pour l'internet pa mikicikwe pitcikan désignant un appareil permettant de communiquer à travers le temps et l'espace.

Les anciens ont respecté cette capacité de dire des choses aux autres humains ou de transmettre des connaissances, des enseignements et leur culture, surtout aux plus jeunes. C'est une culture verbale qu'ils ont nommée "tradition orale". Il fallait donc toujours respecter ce don que l'homme avait acquis, d'où l'idée que la parole est sacrée.